Rappelle-toi #4

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous emmener encore une fois au Cambodge, mais cette fois-ci avec une photo bien différente. Un Rappelle-toi d’une photo aux nombreux détails.

10 février 2015 • 11:06

 Sihanoukville, Cambodge

Je ne sais pas vous, mais ce que j’aime dans la photographie c’est, prendre une photo, continuer sa route, puis revenir sur ce cliché et y décrypter les moindres détails. (Vous allez me dire que c’est sûrement pour cela que j’ai eu l’idée de créer cette catégorie!).

Ce qui me frappe directement, en re-regardant cette photo prise au « chantier naval » de Sihanoukville, ce sont les couleurs. Celles-ci m’attirent directement vers le centre de la photo. Nous pouvons y voir des vêtements, très colorés, qui semblent être “étendus”.  Cette taule semble en effet faire affaire de séchoir lorsque le fil attaché sur le mur de la maison ne suffit plus. Mur? Pas vraiment, finalement. J’imagine cette maison comme étant celle d’une petite famille, qui essaye de s’en sortir… tant bien que mal. Les murs sont de taules, mais les volets peins de bleu laissent sentir cette attache pour cette maison, et le soin qui y est apporté. Au premier plan, nous pouvons voir ces poisons qui sont en train de sécher au soleil.  Mais ce que l’on voit surtout, ce sont ces déchets. D’indénombrables déchets qui entourent la maison et descendent jusque dans l’eau. Parce que, ce que vous n’avez peut-être pas remarqué, c’est que la mer borde cette maison. La bas, il n’y a pas de soucis d’écologie, pollution, recyclage… car ils n’ont même pas encore tous intégré la notion de déchets. La terre étant une poubelle géante. En tant que bonne petite européenne (et française), je trouve cela plutôt très intriguant. Comment ne peuvent-ils pas se rendre compte de ce qu’ils sont en train de faire? Et oui, c’est bien au Cambodge que j’ai réalisé à quel point nous vivons différemment d’un bout à l’autre du globe (ou parfois juste d’une ville à l’autre). Je me rappelle encore très bien de ces pilotis (que vous pouvez voir en arrière-plan). Ces sortes de pilotis en bois, où souvent il manque une planche sur deux, ou même deux. Ou bien encore ces nombreux et gros trous. Et je revois les enfants et les chiens les traverser, comme s’il n’y avait aucun danger. Bien que celui-ci soit bel et bien là, juste en dessous, la mer, car personne ne sait nager. Et pourtant, leur vie fait que, il s’agit bien de la dernière de leur préoccupations.

Cette photo datant d’il y a bientôt deux ans (je réalise tout juste en l’écrivant), je me demande comment les choses sont devenues aujourd’hui. Ce petit port existe-t-il toujours? Et cette famille? Et ces déchets?

  • Cette photo me fait penser à l’Inde ou je retourne dans deux mois… Un pays de contraste, ou comme au Cambodge l’écologie, l’environnement et les déchets sont des mots absolument inconnus…

    • victoriacarlet

      J’aimerais tellement aller en Inde! J’espère avoir la chance de voir tes photos

  • Pingback: Rappelle-toi #5 - Victoria Carlet()

  • Tellement désolant de voir ceci mais tu me diras pas besoin non plus d’aller loin pour voir des immondices en ville, en forêt, à la mer; les gens sont de moins en moins responsables, il suffit à voir les feux d’incendies qui sont à 99% criminel 🙁

    • victoriacarlet

      Oui, je suis bien d’accord…